Cours de DIU de neuro-urologie
Service de MPR pédiatrique — Hôpital Armand Trousseau (Paris) | Sorbonne Université
(International Continence Child Society)
L’énurésie correspond à l’émission passive d’urine sur le temps du sommeil à partir de l’âge de 5 ans et plus.
Il faut différencier les énurésies primaires et secondaires :
Deux termes sont à différencier : monosymptomatique (MNE) et non-monosymptomatique (NMNE).
Une énurésie non-monosymptomatique est l’émission d’urine au cours du sommeil associée à au moins 1 des symptômes suivants :
Les prises en charge des MNE et NMNE seront différentes.
Des normes sont fixées par l’International Continence Child Society (ICCS) :
La Capacité Vésicale Théorique en mL :
\[ \text{CVT} = (\text{âge} + 1) \times 30 \]
L’âge est exprimé en années.
Cette formule est valide de 3 ans jusqu’à l’âge de 13 ans environ où la capacité vésicale théorique atteint 400 ml environ (capacité vésicale adulte).
La polyurie nocturne correspond à une production anormale d’urine au cours de la nuit.
La définition actuelle donne un volume uriné au cours de la nuit supérieur ou égal à 130% de la CVT.
C’est un trouble fréquent.
Selon une cohorte finlandaise (>3000 enfants) et une cohorte australienne (> 2000 enfants), l’énurésie concerne :
Sources : (Järvelin et al., 1988), (Bower et al., 1996).
Plusieurs hypothèses existent :
La physiopathologie de l’énurésie est assurément multifactorielle.
Sources : (Nevéus, 2009), (Sinha and Raut, 2016).
Source : (Van Herzeele et al., 2016).
Les principaux troubles associés à identifier pour le diagnostic étiologique sont :
S’il s’agit d’un tableau d’énurésie primaire isolée : aucun examen biologique, radiologique ou urodynamique n’est nécessaire.
Source : (Gontard and Equit, 2015).
Sources : (Loening-Baucke, 1997), (Söderstrom et al., 2004).
Tableau — Signes d’alerte lors de l’évaluation initiale d’un enfant énurétique
| Signe d’alerte | Conduite à tenir |
|---|---|
| Perte de poids, retard de croissance et/ou nausées | Contrôle de la créatininémie et de la glucosurie. Examen physique. |
| Soif excessive avec besoin de boire la nuit (polydipsie) | Contrôle de la glucosurie. Calendrier mictionnel / apports hydriques. Envisager créatininémie et osmolalité urinaire du matin. Examen physique. |
| Difficultés mictionnelles (jet faible, besoin de pousser) |
Débitmétrie urinaire et mesure du résidu post-mictionnel. Examen physique. |
| Énurésie nocturne secondaire (apparition récente) |
Contrôle de la glucosurie. Examen physique. |
| Ronflements importants ou apnées du sommeil | Avis ORL (oto-rhino-laryngologiste). Examen physique. |
Les principaux éléments à rechercher sont :
Pour :
Et rien d’autre dans le cadre d’une énurésie monosymptomatique primaire.
Il est nécessaire d’informer de manière systématique :
C’est un analogue de l’hormone anti-diurétique.
L’autorisation de mise sur le marché (AMM) précise :
Les précautions d’emploi sont :
Il est recommandé d’arrêter de boire 1h avant la prise et pendant 8h après.
Les recommandations sont de :
Trois spécialités ont l’AMM en pédiatrie. Leur prescription nécessite de vérifier le résidu post-mictionnel (RPM) tous les 3 à 6 mois par échographie ou bladder-scan.
Oxybutynine :
Sources : (Blais et al., 2016).
Chlorure de trospium :
Solifénacine :
Mirabegron :
L’autorisation de mise sur le marché (AMM) précise :
Des précautions sont nécessaires avant la mise en place du traitement :
Les effets indésirables principaux sont :
En pratique, ce traitement est peu ou pas utilisé.
(Glazener and Evans, 2000) ont montré qu’une prise quotidienne permettait de diminuer la fréquence de l’énurésie d’1 nuit / semaine.
Dr Pauline Lallemant-Dudek — L’énurésie - Les particularités en pédiatrie